Il fallait un Ghana hors-norme pour vaincre l'Égypte en finale de la Coupe d'Afrique des nations en Angola, ce dimanche à Luanda. Passées tout près de l'exploit, les Black Stars et leur jeune génération ont finalement craqué en fin de seconde période contre une formation des Pharaons qui n'a eu besoin que d'une seule occasion pour transformer son rêve en réalité et s'offrir un septième sacre dans la compétition.
Le Ghana réalise pourtant une bonne entame de match et tente, comme contre le Nigeria en demi-finale, de percuter la défense égyptienne dès les premières secondes. Inkoom, le latéral droit du FC Bâle, centre dans la surface pour Agyemang mais le Ghanéen ne peut ajuster sa tête (2e). Les Pharaons ont quant à eux décidé d'évoluer en contres pour lancer leurs flèches Zidan et Motaeb dans le dos de la défense adverse. Sur la gauche de la surface ghanéenne, Ahmed Hassan alerte Emad Motaeb mais l'attaquant, marqué de près, ne peut contrôler le ballon de la poitrine (7e).
Dans les rangs des Black Stars, Gyan est toujours aussi esseulé à la pointe de l'attaque et essaie tant bien que mal de faire la différence, d'abord sur un coup franc à l'angle gauche (9e), puis sur un retourné acrobatique dans la zone de vérité après qu'El-Hadary, le dernier rempart égyptien, a raté sa sortie dans les airs (10e). Progressivement, les Pharaons montent d'un cran et Ahmed Hassan, tireur d'élite par excellence, prend sa chance de 30 mètres. Buteur contre le Cameroun en quarts de finale sur un tir lointain, le Faucon égyptien ne peut cette fois-ci attraper le cadre. Les Black Stars, impériales en défense depuis la seconde phase à élimination directe de la compétition, se montrent surtout dangereuses sur les coups de pied arrêtés frappés par Kwadwo Asamoah. Sur l'un d'eux, Abd Rabou passe tout près de la correctionnelle en détournant finalement un ballon chaud de la poitrine en corner (15e).
Le Ghana tient l'Égypte en respect
Bloquant les ailes égyptiennes, le Ghana contraint son adversaire à jouer dans les pieds au milieu du terrain et à prendre sa chance de loin. Ahmed Hassan, l'homme aux 172 sélections, ne parvient toujours pas à toucher ses attaquants dans la profondeur et expédie un nouveau missile dans les tribunes du Stade du 11-novembre de Luanda (18e). Une enceinte qui se garnit au fur et à mesure du déroulement d'un match qui a, pour l'instant, beaucoup de mal à prendre son envol. Les Black Stars s'appuient sur leur solide défense pour annihiler les tentatives égyptiennes. De son côté, André Ayew, l'ailier d'Arles-Avignon, fait courir un petit frisson dans le dos des Pharaons avec un tir du gauche à l'entrée de la surface. Champion d'Afrique et champion du monde des moins de 20 ans, le Ghanéen ne peut toutefois ajuster sa tentative pour lancer sa formation vers un cinquième sacre continentale (19e). Moins spectaculaires, les Black Stars se procurent tout de même la plus belle occasion par leur ailier gauche, Kwadwo Asamoah, qui repique légèrement au centre avant de solliciter, enfin, El-Hadary, sûrement le meilleur portier de cette Coupe d'Afrique des nations (24e).
Parfaitement en place tactiquement, les Black Stars se projettent rapidement vers l'avant pour inquiéter El-Hadary. Double buteur lors du quart de finale contre l'Angola, le pays-hôte, et contre le Nigeria, l'attaquant du Stade Rennais, Gyan, est toujours le joueur le plus en vue de cette finale. Après le repos, le Ghanéen adresse ainsi une frappe puissante de 25 mètres que le dernier rempart égyptien ne peut que claquer au-dessus de sa barre transversale (53e). Zidan et Motaeb sont curieusement absents des débats pour les Pharaons quand l'arbitre malien du match, M. Coulibaly, est l'un des acteurs les plus en vue en adressant quatre avertissements en moins d'un quart d'heure de jeu (de la 47e à la 60e). Souvent débordée, l'Égypte tient tout de même le choc malgré une nouvelle frappe enroulée du droit de Gyan (62e). Abdel-Shafy est pour sa part entré en jeu en lieu et place de Moawad pour apporter plus de poids sur les ailes mais son premier centre dans la zone de vérité ne trouve pas preneur (63e). Les deux formations ayant du mal à développer du jeu sur la pelouse du 11-novembre, Kwadwo Asamoah réalise un festival au milieu du terrain avant d'enclencher une frappe, finalement contrée (68e).
Gedo, ce héros !
Alors que le rythme semble monter d'un cran, Hassan Shehata se décide alors à faire entrer en jeu le meilleur buteur de la compétition. Nagui Gedo (et ses quatre réalisations depuis le début de l'épreuve) a bien l'intention de profiter des espaces que provoque une fin de match échevelée pour marquer un peu plus cette CAN de son empreinte. Le buteur d'Ittihad est cependant sevré de ballons. Si force est de constater que les espaces s'ouvrent, ces derniers profitent surtout aux Ghanéens avec Gyan qui enroule encore une frappe de son pied droit. A gauche de la surface égyptienne, le joueur passé par l'Udinese voit finalement le ballon frôler la transversale d'El-Hadary (74e). André Ayew percute mais la défense égyptienne veille au grain. Le gardien de but égyptien n'est pas décidé à prendre des risques et, dès que Gyan se mue en artilleur sur coup franc, celui-ci boxe les ballons en corner (79e). Le Ghana prend le match en mains et Inkoom déboule sur la droite pour centrer au second poteau (80e). L'arrière-garde égyptienne s'en sort indemne mais chaque ballon dans la zone de vérité fait courir un sentiment de frayeur dans le coeur des joueurs et supporters égyptiens.
Éternel remplaçant depuis le début du tournoi, Nagui Gedo a pu quant à lui prouver son réalisme devant le but adverse, aussi bien en quarts de finale qu'en demi-finale. Et poussée dans ses retranchements, l'Égypte sort alors ses deux diables de sa boîte avec Zidan, transparent pendant 85 minutes, et Nagui Gedo, incapable de se mettre en position de frappe. En sollicitant le une-deux avec l'attaquant du Borussia Dortmund, l'avant-centre d'Ittihad pénètre dans la surface et enroule une frappe de l'intérieur du droit côté opposé. Kingson est battu et l'Égyptien scelle le sort du match sur sa seule opportunité. Appelé de dernière minute pour pallier l'absence d'Aboutrika, blessé, Nagui Gedo est devenu le héros des Pharaons. L'Égypte prend l'avantage (85e) et les dernières velléités du Ghana ne changeront rien à la donne. Sacrée pour la septième fois de son histoire, l'Égypte est la première équipe à coiffer trois couronnes continentales d'affilée. Voilà un record que les Pharaons devraient conserver bien longtemps.
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